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Le « meurtre de la Place Nassau », le fruit d'un binôme : si « cela n'avait pas été eux deux, la victime serait sans aucun doute encore en vie »

19/03/2018 21:46

Cette troisième journée d'audience était consacrée aux diverses expertises psychologiques et psychiatriques des deux accusés. Et les profils décrits à la barre par les experts font froid dans le dos.

 

Damien Gatine, 28 ans, a un niveau intellectuel dans la moyenne basse, mais avec un sens éthique tout à fait constitué et a tendance à se cacher derrière un déficit scolaire comme bénéfice secondaire : il s'irresponsabilise en se présentant comme quelqu'un ayant été manipulé. Il paraît quelqu'un d'absolument non-violent, au contraire : dans un contexte de violence, son libre-arbitre est perturbé. Il n'est pas un individu dangereux mais serait fasciné par des personnages à personnalité criminologique. Il est un suiveur.

 

Jean-Michel Colson, 50 ans, a un niveau intellectuel faible. Avoir un comportement adapté avec les autres n'est absolument pas son problème. Il a une forte propension à développer des mécanismes de déni défensif : « Je l'aimais donc je ne suis pas coupable ». Mais s'il a envie de quelque chose, il passe a l'acte, il n'y a pas de dialogue possible et l'autre devient alors un objet de satisfaction. Sa personnalité, responsabilisant la victime, ne montrant aucune compassion envers elle, démontre une dangerosité criminologique et un risque de récidive important. Deux des trois experts ne notent aucune maladie mentale évolutive pouvant conduire à une altération ou une abolition du discernement. Un troisième, en revanche, constate une altération, qui pourrait être due à sa limitation intellectuelle.

 

Le procès se clôturera demain avec les plaidoiries et les réquisitions de l'Avocate Générale. Notons que si la Cour conclut à une altération du discernement de Colson, sa peine pourrait être diminuée d'un tiers. Risquant tous deux la perpétuité, la peine pourrait donc descendre à 30 ans de réclusion criminelle pour Jean-Michel Colson.

 

Maître Agnès Mercier, l'avocate de Colson, nous parle, pour la première fois depuis le début du procès, de son client et de ses incohérences devant la Cour

Une interview est disponible pour cet article


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