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Accident ferroviaire de Rumigny : Le jugement s'ouvre enfin, cinq ans après la collision

28/05/2026 - 08:05 - Rédigé par Candide Blomme

Accident ferroviaire de Rumigny : Le jugement s'ouvre enfin, cinq ans après la collision

Cinq ans, cinq renvois. Ce jeudi 28 mai, le tribunal correctionnel de Charleville-Mézières doit enfin juger les responsables présumés de l'accident ferroviaire survenu à Rumigny dans la nuit du 15 au 16 juin 2021.


Dans la nuit noire, peu après 3 heures du matin, un train de marchandises avait percuté un convoi exceptionnel immobilisé sur le passage à niveau n°17 de la commune. Le poids lourd, appartenant à une société de transport allemande, transportait un yacht sur une semi-remorque surbaissée. Son tracteur n'avait pas réussi à dégager la remorque, dont le bas avait accroché les voies. La barrière s'était abaissée entre la cabine et le chargement, bloquant définitivement l'ensemble.


Le train, lancé à 90 km/h, n'avait pu éviter la collision. Le choc avait provoqué le déraillement de la locomotive et de huit des douze wagons citernes, qui transportaient de l'acide phosphorique. Deux personnes avaient été blessées : le conducteur du train, évacué vers l'hôpital de Charleville-Mézières, et un agent de SNCF Réseau, blessé au contact de l'acide qui s'écoulait des wagons endommagés. La semi-remorque et le bateau avaient été détruits. La ligne Hirson-Liart avait été fermée plusieurs semaines.


La société allemande est poursuivie pour blessures involontaires. Le rapport du Bureau d'enquêtes sur les accidents de transport terrestre (BEA-TT), rendu en août 2023, avait pointé une organisation, une préparation et une réalisation déficientes du convoi. Les conducteurs n'avaient notamment pas respecté les autorisations obtenues, qui imposaient de circuler de jour dans l'Aisne et les Ardennes.


Prévu une première fois en décembre 2022, le jugement avait été repoussé à quatre reprises, notamment dans l'attente du rapport du BEA-TT puis d'une expertise complémentaire jugée fondamentale. Il s'agit du cinquième et dernier report fixé, annoncé en septembre 2025.


Pour des blessures involontaires imputées à une personne morale, le code pénal français prévoit une amende pouvant aller jusqu'à 5 fois le maximum prévu pour les personnes physiques, soit jusqu'à 375 000 euros. Le jugement est attendu ce jeudi.

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