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Loi intégrale contre les violences sexuelles : les ardennais dans la rue, chaque lundi, jusqu'à ce que ça change

30/06/2026 - 07:10 - Rédigé par Candide Blomme

Loi intégrale contre les violences sexuelles : les ardennais  dans la rue, chaque lundi, jusqu'à ce que ça change

Ils sont là, chaque lundi soir, devant le tribunal judiciaire de Charleville-Mézières. Des mères, des pères, des éducateurs, des citoyens ordinaires. Pas de bannière d'association, pas de cortège officiel. Juste des gens en colère, et déterminés.

Le mouvement est né dans le sillage de l'affaire Lyhanna, cette collégienne de 11 ans retrouvée morte dans le Gers début juin, alors que son agresseur présumé avait déjà fait l'objet de multiples signalements restés sans suite. Les coalitions féministes et enfantistes pour une loi-cadre intégrale contre les violences sexuelles ont alors lancé un appel national : se rassembler devant les tribunaux, tous les lundis, jusqu'à l'adoption d'une loi ambitieuse. Charleville a suivi.

Nathalie, éducatrice spécialisée auprès d'enfants en situation de handicap, est là à chaque fois. Elle réclame que la loi intégrale soit adoptée sans concession, dans son intégralité. 

Nathalie, au micro de Radio 8

« Quand on trouve 17 milliards pour des bombinettes, on peut trouver 3 milliards pour défendre les enfants et les femmes ».

Ce qui frappe aussi dans ce rassemblement Carolomacérien, c'est la présence des hommes. 

Manu est venu pour la première fois ce lundi, il explique pourquoi, au micro de Radio 8

Sur le fond, les manifestants pointent un système judiciaire à bout de souffle : 94% des plaintes pour viol classées sans suite, des postes supprimés, des associations contraintes de réduire leur personnel faute de budget. La proposition de loi, déposée à l'Assemblée nationale en novembre 2025 par la députée socialiste Céline Thiébault-Martinez et désormais signée par 150 parlementaires, est entre les mains du Conseil d'État, saisi par le Premier ministre. La présidente de l'Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet a demandé un examen du texte dès juillet. Première victoire d'étape pour la coalition, qui ne lâche pas la pression.

Le rendez-vous national est fixé au samedi 4 juillet : une grande marche citoyenne à Paris et partout en France. À Charleville, le collectif de citoyens se retrouve face à un obstacle pratique : sans statut associatif, impossible de déposer une demande d'autorisation en préfecture pour organiser un cortège. Les manifestants prévoient donc de se rassembler devant le tribunal judiciaire ce samedi 4 juillet à 15 heures, à moins qu'une association locale ne prenne les devants pour organiser le rassemblement, auquel cas le collectif se joindra au mouvement.

Après le 4 juillet, une pause estivale est envisagée, avant une reprise prévue le 7 septembre. Mais Nathalie prévient : « Si les coalitions appellent à quelque chose la semaine prochaine, on sera là. Et si on part en vacances, sur notre lieu de vacances, on espère retrouver des gens devant les tribunaux ou devant les mairies. Et on sera avec eux ».




Deux interviews sont disponibles pour cet article

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