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Aginode : le tribunal de commerce prononce le redressement judiciaire, trois mois pour sauver 240 emplois

03/07/2026 - 08:46 - Rédigé par Candide Blomme

Aginode : le tribunal de commerce prononce le redressement judiciaire, trois mois pour sauver 240 emplois

C'était le rendez-vous redouté par des dizaines de familles Ardennaises. Ce jeudi, le tribunal de commerce de Sedan a tranché : Aginode, fabricant de composants télécoms cuivre et optique implanté à Vrigne-aux-Bois et à Fumay, est placé en redressement judiciaire.


Une décision qui ne surprend personne, mais qui fait mal. « Sans surprise, c'est un placement en redressement judiciaire. C'est le minimum qu'on pouvait espérer », réagit Maître Xavier Médeau, avocat du CSE de Vrigne-aux-Bois, à la sortie de l'audience. Mais derrière ce constat, la colère gronde.


Maître Xavier Médeau, au micro de Radio 8


Un plan de sauvetage qui a viré au fiasco


Retour en arrière : en 2023, Aginode est reprise par un fonds d'investissement auprès du groupe Nexans. À l'époque, le discours est rassurant, presque enthousiaste : hausse du chiffre d'affaires, retour aux bénéfices, avenir radieux pour les deux sites Ardennais. La réalité est tout autre. L'entreprise n'a jamais renoué avec les bénéfices depuis le rachat. Pire : la trésorerie s'est littéralement effondrée. De 8 millions d'euros avant la cession, elle tombe à 1,5 million au moment du rachat en 2023. Aujourd'hui, le passif frôle les 9 millions d'euros, pour à peine 300 000 euros en caisse.


Une dégringolade financière que la direction n'a, à ce jour, jamais expliquée. 


Maître Xavier Médeau, avocat du CSE de Vrigne-aux-Bois


240 emplois suspendus à la recherche d'un repreneur


Un premier plan social avait déjà frappé l'entreprise il y a deux ans. Cette fois, ce sont 240 postes qui sont directement menacés, sans compter les emplois indirects chez les sous-traitants. Sur le site de Vrigne-aux-Bois seul, 130 salariés sont concernés.


Le tribunal a fixé la règle du jeu : trois mois, pas un de plus, pour dénicher un repreneur. Un délai resserré par la période estivale, que Maître Médeau juge peu propice aux démarches administratives. « La période des vacances n'est pas favorable à accomplir des formalités pour retrouver à tout prix un repreneur », prévient l'avocat, qui appelle à une mobilisation générale : « Il faut que toutes les bonnes volontés, salariés, patronat, pouvoirs publics, se mettent en action immédiatement. »


Un administrateur judiciaire a été nommé par le tribunal, une obligation légale. Une personne a également été désignée en interne par le groupe pour prospecter d'éventuels candidats à la reprise. Mais pour Maître Médeau, ce n'est pas suffisant : « On ne peut pas compter uniquement sur cette voie-là. Il faut que tout le monde s'y mette : les employeurs, leur réseau, les préfets, les élus, les syndicats. »


Les salariés mobilisés, la préfecture alertée


Avant même l'audience, les salariés avaient rencontré le préfet des Ardennes, Christian Chassaing, dès lundi. Une mobilisation s'est tenue ce jeudi devant le tribunal de commerce de Sedan, pour peser sur la décision et rappeler l'enjeu humain derrière les chiffres.


Maître Médeau se veut offensif malgré la gravité de la situation : « Ces sociétés ont un bel outil de travail, des capacités de production très modernes, et des salariés très motivés. Il faut absolument sauver Aginode. »


Reste à savoir si, d'ici trois mois, la mobilisation collective suffira à convaincre un repreneur de miser sur l'avenir industriel de Vrigne-aux-Bois et de Fumay.


Deux interviews sont disponibles pour cet article

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