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Assises : Il tire sur son ami suite à une morsure de chien, une affaire où un geste de folie devient préméditation

25/01/2019 00:43

Maître Elodie Foulon

Ce jeudi matin s'est ouvert le 2ème procès de la Cour d'Assises des Ardennes, celui de Robert Brico, 62 ans, jugé pour assassinat.

Le 13 août 2015, la brigade de recherche de la gendarmerie était appelée à Fligny, rue du Calvaire, pour des blessures par arme à feu. Sur place, les gendarmes découvraient 3 personnes, deux blessés dont un grave et une personne décédée. Ce soir là, Robert Brico s'était arrêté chez son ami et voisin, André Loiseau, pour boire l'apéritif, avant que les deux hommes repartent au domicile de l'accusé dans le but de poursuivre la soirée autour d'une bouteille de rosé. Sur place, l'accusé, Robert Brico, sa compagne, le fils et le frère de celle-ci, et André Loiseau. Alors que tout le monde était déjà un peu éméché, l'un des 3 rottweillers d'André Loiseau, une femelle très agressive, était entrée dans la maison et s'était attaquée au chien de madame Brico. Le fils de madame Brico s'était donc interposé et le molosse l'avait profondément mordu à la main. Une dispute avait éclaté mais chacun était rentré chez soi et Robert Brico était monté se reposer dans sa chambre. C'est alors que sa compagne était venu le chercher, lui disant « Il faut faire quelque chose, le gamin est blessé, il y a du sang partout. »  Enervé, l'homme avait pris sa carabine 22 long rifle au-dessus de l'armoire, pris 3 cartouche et était redescendu, bien décidé à abattre le chien.

C'est en voyant le sang à terre, en grande quantité que Robert Brico avait appelé les pompiers : « Il y a un blessé, il faut venir car il y a du sang partout, il va peut-être y avoir un mort, il faut venir », avant de poursuivre : « Il y a un homme qui veut en taper un autre, venez sinon, ça va finir qu'il va y avoir des morts, ce n'est pas possible ». Hors de lui, il avait alors quitté son domicile, frappé à la porte de son ami avec la crosse de son arme. Lorsque l'homme a ouvert la porte, le voyant armé et décidé à tuer son chien, il lui aurait sauté dessus et Robert Brico aurait tiré, l'atteignant à la pommette droite. Repartant vers son domicile, le tireur aurait alors entendu du bruit derrière lui, vu une silhouette arriver vers lui et, pensant que c'était le chien, aurait tiré un second coup de feu, atteignant son ami au flanc gauche. Celui-ci s'était alors écroulé. Prenant conscience qu'il venait de blesser grièvement son ami, Robert Brico s'était mis à genou et s'était tiré une balle dans la gorge. A l'arrivée des pompiers, André Loiseau succombait à ses blessures. Son autopsie a démontré que les deux blessures étaient mortelles et que son taux d'alcoolémie au moment de sa mort était également potentiellement mortel. La victime n'avait donc eu aucune chance de survie.

Robert Brico, quant à lui, grièvement blessé, était pris en charge et était emmené à l'hôpital de Charleville-Mézières où il avait été opéré en urgence. Le 18 août, il était placé en détention.

Il aurait été accusé de meurtre sans l'enregistrement de l'appel aux pompiers : « Il va y avoir un mort », « Il va y avoir des morts ». C'est sur ces deux phrases que la préméditation a été retenue, faisant de l'accusé un assassin présumé et non un meurtrier présumé.

Son avocate, Maître Élodie Foulon, revient sur la position de son client, ce qu'il reconnaît et ce qu'il conteste. On l'écoute

Rappelons que, si le meurtre est passible de 30 ans de réclusion criminelle, l'assassinat lui, est passible de la réclusion à perpétuité. Alors préméditation ou non ? Homicide volontaire ou non ? Ce sera à la Cour de trancher. Le verdict est attendu ce vendredi soir.

Une interview est disponible pour cet article


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