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Assises : Ouverture du procès De Boni, l'histoire sordide d'un drame prévisible

31/01/2019 22:47

Maître Eloîse Denis Vauchelin

Ce jeudi s'est ouvert le procès de Tony De Boni, devant la Cours d'Assises des Ardennes, qui comparaît pour tentative de meurtre aggravé, après avoir attaqué sa compagne à coups de coupe-fougère le 6 juillet 2016, à Regniowez.

Les faits :

Alors que Tony De Boni entretenait une relation avec Bernadette depuis une quinzaine d'années, celle-ci avait rompu, épuisée par l'alcoolisme chronique et la violence de son compagnon. Le 6 juillet 2016, soit 3 semaines après leur rupture, l'accusé présumé faisait venir celle-ci afin qu'elle l'accompagne à un rendez-vous médical à l'hôpital. Très vite, les voisins mitoyens de l'auteur présumé du crime avaient entendu une dispute, suivie de plaintes : « Non Tony, s'il te plaît, ne me fais pas de mal ! » Enjambant la barrière qui le séparait du domicile de Tony De Boni, le voisin surprenait l'accusé, à califourchon sur sa compagne, en train de lui asséner des coups de machette. A la vue de son voisin, Tony De Boni avait aussitôt lâché sa machette, bu un verre d'alcool cul-sec en disant « Trop tard, je l'ai butée » et prenait la fuite en enfonçant avec son 4x4 la porte de son garage où son voisin avait réussi à l'enfermer. Le mis en cause était retrouvé une heure plus tard, caché dans un buisson de la commune. Son test d'alcoolémie, aussitôt effectué, indiquait 2 grammes d'alcool par litre de sang.

La victime, dont le pronostic vital avait été engagé à la vue de la quantité de sang, était transportée à l'hôpital, avec des blessures au crâne nécessitant une intervention d'urgence dont elle ressortait avec 44 points de suture, ainsi que de graves blessures aux avant-bras (fractures) et aux doigts (ruptures des tendons).

Qu'a-t-on appris à l'issue de ce premier jour de procès ?

Si Tony De Boni reconnaît avoir porté 3 coups de machette à sa compagne ce soir-là, il conteste totalement son intention de la tuer. Il minimise d'ailleurs les faits, expliquant qu'il a glissé sur le tapis du chien, alors qu'il tenait sa machette très affûtée, et avait involontairement blessé la victime. Les témoins décrivent pourtant un homme violent, impulsif, lunatique et alcoolique, qui n'aurait pas hésité à menacer son propre frère d'un fusil, à plusieurs reprises.

Sa victime, quant à elle, avait subi 15 ans de violences régulières, coups de couteau, tentatives d'étranglement, gifles, insultes et menaces de mort : « Je vais te tuer et te donner aux sangliers ». Aujourd'hui lourdement handicapée puisqu'elle a pratiquement perdu l'usage de ses mains, c'est surtout la souffrance psychologique qui transparaît de cette petite dame tremblante face à son bourreau.

Alors qu'attend aujourd'hui la victime de ce procès ? Son avocate, Maître Eloïse Denis Vauchelin, nous répond

Rappelons que l'accusé présumé encourt pour ces faits la réclusion criminelle à perpétuité.

Une interview est disponible pour cet article


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