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Pierre Garnier - Ce qui me va

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Pierre Garnier
Ce qui me va

Violences conjugales à Charleville-Mézières, six ans de prison pour un homme jugé « dangereux » par le tribunal

26/08/2025 - 20:45 - Rédigé par Candide Blomme

Violences conjugales à Charleville-Mézières, six ans de prison pour un homme jugé « dangereux » par le tribunal

Louis, 31 ans, a été condamné ce mardi à six ans de prison, dont un an avec sursis probatoire, pour des violences conjugales d’une extrême brutalité, commises dans la nuit du 19 au 20 juillet derniers. Les faits, qualifiés de « déchaînement de violence » par le substitut du Procureur, ont laissé la victime avec des fractures multiples au visage et une incapacité totale de travail de 30 jours. Le tribunal a également ordonné la pose d'un bracelet anti-rapprochement et une interdiction de contact avec la victime, estimant que l’accusé représentait un « danger pour elle ».

Un épisode de violence déchaînée

Dans la nuit des faits, les secours ont été appelés dans un logement de Charleville-Mézières pour une femme gravement blessée. À leur arrivée, les pompiers et policiers ont découvert une victime au visage tuméfié, souffrant de fractures du nez et de la mâchoire. Transportée à l’hôpital, elle a d’abord refusé de parler, avant de révéler sous l’insistance des secours que son compagnon, Louis, était l’auteur des coups. Une amie présente sur les lieux a confirmé son identité, tout comme ses enfants, âgés de 3 et 5 ans, terrorisés en reconnaissant le mis en cause sur une photo.


Selon les témoignages, Louis aurait fait irruption vers 2 heures du matin, hurlant des insultes et accusant sa compagne de lui avoir « manqué de respect ». Il l’aurait frappée à plusieurs reprises, l’écrasant au sol avec son pied. Des enregistrements audio, transmis à la police, révèlent des menaces de mort et des propos humiliants : « Quand je te dis réponds, tu réponds, petite pute de tes morts […] Je peux te tuer si tu réponds pas ».

Un profil inquiétant

Le prévenu, déjà connu de la justice pour des faits similaires, était sous bracelet électronique au moment des faits. Il a tenté de justifier sa présence sur les lieux en évoquant une simple course nocturne, avant d’avancer que la victime, alcoolisée, aurait pu chuter dans les escaliers. Une version contredite par les traces de sang dans l’appartement, les témoignages concordants, et surtout, l’empreinte de sa chevalière sur le visage de la victime.

Le procureur a souligné l’acharnement du prévenu, rappelant qu’il avait déjà été condamné en 2012 pour menaces et intimidation visant à faire retirer une plainte. « Après un tel épisode de violence, on ne peut s’empêcher de se demander : que serait-il arrivé avec un coup de pied de plus ? », a-t-il lancé, évoquant « une victime littéralement défoncée ».

Une audience sous tension


Lors de l’audience, Louis a minimisé les faits, attribuant ses propos à un « ton agressif » sans intention de passer à l’acte. Il a nié avoir écrit des lettres promettant 5 000 à 10 000 euros à la victime pour qu’elle retire sa plainte, arguant de son illettrisme. Le tribunal a cependant retenu ces courriers comme des « aveux », tout en pointant son passé judiciaire chargé.

La victime, dont les enfants ont également témoigné de violences psychologiques répétées, a reçu une indemnité provisionnelle de 3 000 euros. Une expertise médicale et psychologique sera réalisée d’ici mars 2026 pour évaluer l’étendue de ses préjudices.


Condamnation et réactions


Après avoir énoncé la peine, le juge s'est tourné vers le prévenu : « Le tribunal considère que vous êtes dangereux pour la société et la pauvre victime, vous lui avez littéralement défoncé la gueule ! » avant de ce tourner vers cette dernière : « Madame, faites attention et regardez bien autour de vous lorsque vous sortez, et essayez de ne jamais sortir seule. Vous êtes en danger, le mieux serait d'ailleurs de changer de région ».

Une peine sévère, mais nécessaire pour le tribunal, qui a ordonné un maintien en détention pour la durée de la peine ferme.

À l’énoncé du verdict, l’entourage du condamné, issu de la communauté des gens du voyage, a violemment réagi, lançant des insultes envers les magistrats et la victime : « Racistes de vos morts, on va faire appel, vous ne savez pas à qui vous avez affaire ! »


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